Lors de son intervention le 22 juin à la Table Ronde de Bruxelles, Madame Patricia Alonso-Gamo, Conseillère Principale au Département Moyen Orient et Asie centrale du Fond monétaire international, a mis en avant les progrès accomplis et les bonnes perspectives dans le cadre du programme en cours d’exécution appuyé par le FMI à travers une facilité de crédit élargi portant sur un montant de 118 millions USD.
Ci-après le Discours de Mme Patricia Alonso-Gamo, en intégralité :
Monsieur le Premier Ministre, Excellences, Mesdames et Messieurs,
Il m’est agréable de représenter le Fonds Monétaire International à cette importante réunion de bailleurs de fonds sur la Mauritanie. Je voudrais saisir cette opportunité pour remercier les autorités mauritaniennes ainsi que les partenaires au développement pour la qualité de l’organisation de cette rencontre.
Deux ans et demi se sont écoulés depuis la réunion du groupe consultatif en décembre 2007. Entre-temps, la Mauritanie a fait face, en 2008 et 2009, à de multiples chocs exogènes qui, conjugués à une crise politique interne, ont significativement affecté la stabilité macroéconomique et entraîné une contraction de la production. Bien évidemment, comme c’est souvent le cas dans ces situations, les couches les plus défavorisées tendent à être les plus affectées.
Dès la normalisation des relations entre la Mauritanie et ses partenaires au développement, une équipe du FMI s’est rendue à Nouakchott pour rétablir le dialogue avec les autorités. Comme vous le savez, les négociations ont abouti, dans un délai relativement court, à un nouveau programme au titre de la nouvelle facilité élargie d’un montant sans précédent de 118 millions de dollars, équivalent à 120 pour cent de la quote-part de la Mauritanie.
En outre et afin d’assurer la mise en œuvre de ce programme dans les meilleures conditions, plus d’une dizaine de missions d’assistance technique du FMI dans différents domaines (finances publiques, politique monétaire, marché des changes, supervision bancaire, statistiques) se sont rendues à Nouakchott depuis septembre dernier.
Permettez-moi de partager avec vous les grandes lignes du programme qui vise à soutenir et à appuyer les efforts du gouvernement mauritanien pour la réalisation d’une croissance forte et soutenue, et la réduction de la pauvreté tout en renforçant la résilience de l’économie aux chocs exogènes. Le programme s’articule autour de deux axes principaux :
- Premièrement, la consolidation budgétaire afin de dégager des ressources additionnelles en faveur des dépenses sociales et d’investissement, tout en veillant à la viabilité de la dette extérieure.
- Deuxièmement, l’accélération de la mise en œuvre des réformes structurelles, notamment dans le secteur financier. Ces réformes sont nécessaires pour améliorer le climat des affaires, promouvoir un rôle plus important du secteur privé dans l’économie, et diversifier les sources de la croissance.
Les données économiques et financières disponibles à ce jour, indiquent que l’économie mauritanienne est entrée depuis quelques mois dans une phase de reprise, comme en témoignent la hausse de la production et des prix du fer, l’augmentation du crédit au secteur privé et le bon comportement des exportations. C’est dans ce contexte que les objectifs à la fois quantitatifs et structurels convenus pour fin mars 2010 ont été tous atteints.
Pour le court et moyen terme, les perspectives pour l’économie mauritanienne s’annoncent, dans l’ensemble, plutôt favorables, grâce notamment, à la reprise de la demande extérieure et à la hausse des prix des produits miniers. Ceci constitue une opportunité idoine pour accélérer les projets d’infrastructure et les réformes institutionnelles et structurelles, nécessaires pour mettre l’économie sur un sentier de croissance forte, durable et plus équitable.
Monsieur le Premier Ministre, Excellences, Mesdames et Messieurs,
Comme l’ont si bien souligné les différents intervenants depuis hier, les défis de développement économique et social auxquels fait face la Mauritanie sont immenses. En effet, l’économie est très peu diversifiée et largement dépendante du secteur minier, les infrastructures sont très faibles et les indicateurs sociaux restent encore loin des objectifs du millénaire : 42 pourcent de la population vit en deçà du seuil de pauvreté ; La mortalité infantile et maternelle sont parmi les plus élevées au monde ;
Dans ce contexte, le rôle des bailleurs de fonds revêt une importance cruciale et leur contribution sera déterminante pour la réalisation du programme ambitieux d’investissements publics qui vise à réduire les insuffisances en matière d’infrastructure de base et dans le domaine social.
Dans ce sens et afin que la réponse apportée par chaque bailleur de fonds ait un impact collectif qui soit optimal et conduise à une plus grande efficacité de l’aide, il est important d’assurer une bonne coordination et concertation entre nous tous aussi bien en matière de projets que d’assistance technique.
Il est tout aussi important que les autorités mauritaniennes poursuivent les efforts visant à l’amélioration de la gouvernance et de la transparence, en particulier en matière de gestion budgétaire et de passations des marchés publics.
Pour finir, je voudrais vous assurer de la disponibilité du FMI à travailler de concert aussi bien avec les autorités que les autres bailleurs de fonds en faveur d’un développement fort et durable de la Mauritanie.
Je vous remercie"